S01E59 — 25-09-2024.
À bout de course.
jour 59.
« Je suis fatigué, je suis exténué, je suis crevé, je suis épuisé, je suis défraichi. »
Je vis sur un fuseau horaire en dehors du temps, la fatigue ne se manifeste plus aux heures standard. Le soleil à beau prendre possession du ciel, rien y faire mon état de forme ne désemplit pas. Soudainement, je la sens arrivée, elle s’affaisse sur mes paupières, me paralyse sur mon siège tel un zombie dans les rues de Skid Row jusqu’à ce que je puisse reprendre légèrement mes esprits. Mais elle insiste avec l’intention de ne pas abandonner. Je bascule dans l’inconscient, sans me souvenir depuis combien de temps, je suis immobilisé. Le moment est venu d’avoir une douce mélopée dans les tympans, histoire d’enivrer mon cerveau dans l’auto-tune et les battements de TR-808. Ça à l’air de fonctionner, au fur et à mesure que mon cou reproduit la valse du métronome, la lassitude diminue.
J’y ai survécu plusieurs fois — n’ayant rien à envier à ces miraculés qu’on a tenté d’assassiner. J’évite de peu, d’être étendu, immobile ne répondant plus de rien. C’est le kif, j’ai des impressions de David contre Goliath. Là, s’en est trop, d’après les récits, doit s’abattre la prophétie, personne ne peut aller à l’encontre des lois de l’inertie. Malgré tous mes jutsus secrets, je reste impuissant et incapable de lutter. Cependant, je parviens à ramper jusqu’au sommet de mon canapé avant de m’éteindre, j’ai bien peur que le rideau se ferme. Rendez demain avec des poches de kangourous en guise de cernes.
« Je suis fatigué, je suis exténué, je suis crevé, je suis épuisé, je suis défraichi. »